VACCIVINE — La prémunition au vignoble contre la maladie du court-noué
Touchant plus de 60 % de la surface viticole française, la maladie du court-noué (principalement causée par le virus GFLV et transmise par le nématode Xiphinema index) peut provoquer de graves baisses de rendement (jusqu'à 80 %) et compromettre la longévité des ceps. Face à l'absence de traitement curatif, le projet VACCIVINE, piloté par l'INRAE Grand Est - Colmar et ses partenaires, développe une solution de biocontrôle novatrice basée sur la prémunition (un principe s'apparentant à la vaccination).
Voici les points clés à retenir sur l'avancement des travaux et le déploiement de cette stratégie :
1. Principe de la prémunition et méthodologie scientifique
Le principe consiste à inoculer au préalable à une vigne saine un variant hypo-agressif (peu symptomatique) du virus GFLV. La présence de ce variant « protecteur » bloque l'installation ultérieure de variants hyper-agressifs pathogènes lors de la plantation en parcelle contaminée.
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Séquençage à haut débit (HTS) : Permet d'analyser le virome des ceps pour identifier et isoler des variants viraux atténués adaptés aux différents terroirs.
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Inoculation contrôlée : Réalisée par greffage hétérologue à partir d'hôtes herbacés avant multiplication en serre.
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Contrôle sanitaire et labellisation : Certification par analyses HTS pour garantir la présence exclusive des variants protecteurs dans le matériel végétal avant sa plantation au vignoble.
2. Résultats probants et stabilité des variants
Les suivis menés sur le réseau de parcelles expérimentales apportent des enseignements majeurs :
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Variabilité et réservoir : Chaque cep possède un virome propre, et le nématode vecteur Xiphinema index est capable de conserver des variants d'origines diverses.
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Stabilité des symptômes : Les suivis à 5 ans confirment que les ceps porteurs de variants hypo-agressifs maintiennent une expression très faible de la panachure foliaire et préservent leur niveau de production par rapport aux ceps infectés par des formes sévères.
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Impact du terroir : Les essais historiques montrent que l'efficacité de la protection dépend fortement de l'interaction entre le terroir, le cépage, le porte-greffe et la diversité génétique des virus locaux.
3. Calendrier et perspectives de déploiement
Le programme VACCIVINE s'inscrit dans un calendrier pluriannuel structuré :
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VACCIVINE 2 (2022–2025) : Définition des protocoles de pré-multiplication avec la pépinière viticole (IFV, FFPV), étude des mécanismes cellulaires et déploiement d'essais multi-locaux (Alsace, Champagne, Bourgogne, Vallée du Rhône).
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VACCIVINE 3 (2026–2029) : Évaluation de la durabilité de la protection selon les cépages et analyse de l'impact socio-économique pour la filière.
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Mise en marché : Commercialisation envisagée à l'horizon 2030 pour les ceps prémunis adaptés aux différents terroirs.
Pour aller plus loin : Retrouvez le détail du protocole HTS, la cartographie des parcelles d'essais et les graphiques d'évaluation de la production dans la fiche d'information ci-jointe (VACCIVINE — La prémunition au vignoble / INRAE, PNDV, CIVA).
PNDV-vaccivine.pdf
La prémunition comme méthode de biocontrôle du court-noué de la vigne